Une alternative aux tests sur les animaux ? De la peau humaine créée en laboratoire

 

Des chercheurs britanniques ont utilisé des cellules souches pour recréer un échantillon de peau humaine. Une innovation qui pourrait représenter une alternative aux tests sur les animaux pratiqués par l’industrie cosmétique et dans l’élaboration de médicaments.  Grâce aux cellules souches, l’expérimentation animale pourrait bien prendre fin. Des chercheurs du King’s College, à Londres, sont parvenus à créer un échantillon de peau humaine élaboré grâce à des cellules souches pluripotentes.

 

Fabriquées en laboratoire à partir de cellules souches adultes, les cellules souches pluripotentes peuvent se développer de plusieurs manières pour répondre à des besoins variés. Selon les scientifiques, l’épiderme créé à l’aide de ces cellules souches devrait permettre de réduire considérablement l’utilisation des animaux-tests dans la conception des médicaments et cosmétiques.

Les propriétés naturelles de l’épiderme reproduites

Chez l’humain, l’épiderme constitue la couche supérieure de la peau et fonctionne comme une triple barrière : imperméable, contre le soleil et immunologique. Elle empêche l’eau de s’échapper, les rayons du soleil d’endommager la peau, et les bactéries d’infecter notre organisme. Des équivalents de l’épiderme humain ont déjà été mis au point, notamment à l’aide de biopsies, mais les scientifiques ne sont pas parvenus à créer une barrière suffisamment imperméable. Grâce aux cellules pluripotentes, les chercheurs ont réussi à créer un épiderme artificiel remédiant à ce problème, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux types de tests cosmétiques et médicamenteux. « Notre nouvelle méthode pourrait être utilisée pour fabriquer de plus grandes quantités de peau humaine en laboratoire, et appliquée à grande échelle pour les tests commerciaux de médicaments et cosmétiques », explique Dusko Illic, le chef de l’équipe, cité par l’International Business Times. Mais cette avancée scientifique pourrait également permettre d’étudier certaines maladies de la peau, comme l’eczéma ou la sécheresse cutanée. « Nous pouvons utiliser ce modèle pour étudier comment la peau se développe normalement, puis comment la barrière cutanée est abîmée par différents maladies et enfin comment nous pouvons stimuler sa réparation et sa guérison », poursuit le chercheur.

Une méthode plus efficace que l’expérimentation animale

Du côté des défenseurs des droits des animaux, le bénéfice d’une telle découverte est indéniable. Pour Troy Seidle, directeur de la recherche au sein de l’association Humane Society International, les tests sur ce nouvel épiderme seraient bien plus efficaces que « de tuer des lapins, des cochons, des rats ou d’autres animaux en espérant que les tests effectués sur leur peau soient ensuite compatibles avec l’homme ». « Ce qui n’est souvent pas le cas car l’imperméabilité, l’immunologie et d’autres facteurs sont incomparables avec l’homme », reprend le Huffington Post. Depuis le début du XXe siècle, de nombreux pays utilisent les animaux pour tester l’efficacité et la sécurité de vaccins et médicaments. Dans l’industrie cosmétique, des tests dermatologiques et ophtalmologiques sont réalisés sur des lapins, singes, rongeurs et chiens. Selon l’association Humane Society, l’expérimentation animale est encore légale dans 80% des pays de la planète. Rien qu’en Chine, environ 300.000 animaux seraient chaque année victimes des tests cosmétiques. Depuis mars 2013, l’Union Européenne interdit l’importation et la vente de produits cosmétiques et d’ingrédients testés sur les animaux.

Un pas de plus dans l’élaboration de peau artificielle

En France, le géant des cosmétiques L’Oréal s’est lancé dès les années 1990 dans le développement de solutions alternatives. Pour tester ses substances chimiques, son laboratoire lyonnais a mis au point une peau reconstruite, appelée Episkin, grâce à des échantillons de peau fournis par l’unité de chirurgie esthétique d’une clinique. Mais grâce à l’utilisation de cellules souches pluripotentes, plusieurs types de peaux pourraient être créés pour multiplier les possibilités de tests : les échantillons pourraient être « adaptés afin d’étudier tout un éventail de maladies de la peau et de sensibilités au sein de différentes populations », conclut Dusko Illic.

En savoir plus: http://www.maxisciences.com/peau/une-alternative-aux-tests-sur-les-animaux-de-la-peau-humaine-creee-en-laboratoire_art32472.html
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