Les substituts

Les substituts :

Le projet de réglementation européenne Reach visant à éliminer les produits chimiques toxiques suppose une masse énorme de tests. En 2002, dans l’Europe à 15, plus d’un million d’animaux ont été utilisés lors d’évaluations toxicologiques. Les estimations, très lâches, vont de 3,9 à 43 millions d’animaux pour tester les 30 000 composés chimiques visés par Reach. Cette recherche animale est à la fois coûteuse, parfois peu représentative de la toxicité chez l’homme, et de plus en plus mal perçue par le public. Aussi des recherches sont-elles en cours pour trouver des méthodes de substitution. « L’animal ne prédit pas vraiment le comportement humain », admet Thomas Hartung, chef du Centre européen pour la validation de méthodes alternatives (Ecvam).Ce laboratoire étudie depuis une vingtaine d’année étudie et valide divers procédés, tels que les tests in vitro, l’utilisation de modèles informatiques, le passage aux cultures de cellules humaines. en Italie, à Ispra La recherche de substituts s’accélère,16 tests alternatifs ont été mis sur pied. Désormais, 40 sont étudiés en parallèle »
Les études s’internationalisent. Pour la carcinogénicité, des laboratoires américains, européens et japonais se sont associés pour trouver une méthode in vitro. Les résultats seraient désormais disponibles en cinq semaines, contre deux ans et 1 million d’euros pour les tests in vivo impliquant le sacrifice de 500 rongeurs. L’industrie concourt à cet effort de recherche, consciente que ces tests peuvent devenir rentables : des cellules humaines pourront ainsi remplacer les 200 000 lapins qu’on utilise chaque année dans la détection d’impuretés dans les médicaments. Un marché mondial de 200 millions d’euros par an

Certains prônent d’ailleurs l’abandon pur et simple des tests animaux au profit de la toxicogénomique fondée sur des cultures cellulaires humaines et l’utilisation de puces à ADN. Celles-ci sont capables de distinguer la surexpression de certains gènes en présence d’un toxique. Claude Reiss, de l’association Antidote Europe, regrette que les laboratoires comme Ecvam ne concentrent pas leurs efforts sur ce thème. « La raison, c’est que la toxicogénomique ne laisse rien dans l’ombre : on saura sans ambiguïté si tel produit, pour lequel on ne dispose pas forcément de substitut, est toxique ou non », dit-il, citant une étude à paraître dans la revue Biogenics Means. Il reconnaît que les start-up ayant contribué à l’étude espèrent surfer sur la toxicogénomique.

(1). En 2002, l’UE a utilisé 1 066 047 animaux en toxicologie, soit une augmentation de 38,6% par rapport au précédent recensement de 1999. 1 649 260 animaux à sang froid (comme les poissons) ont été utilisés, soit une augmentation de 153,4% par rapport à 1999.

Consultation d’une base de données informatique
On entre la carte d’identité de la molécule dans une base de données informatique. Celle-ci contient le profil des molécules déjà testées sur l’animal : la façon dont leurs atomes sont agencés, l’organe qu’elles visent, leurs effets toxiques, etc. Cette comparaison permet de prédire le comportement de la nouvelle molécule. Si sa forme se rapproche de celle d’un poison notoire, la molécule est abandonnée.
Tester le produit sur des cellules
On verse le produit sur des cellules humaines maintenues en vie dans de petites boîtes. Au bout de quelques heures, on regarde si ces cellules ont fabriqué des protéines de stress, destinées à protéger la cellule contre les produits toxiques. Leur présence indique que la molécule testée est capable de pénétrer dans les cellules et d’y faire des dégâts. Si c’est le cas, la molécule est abandonnée.

Tester le produit sur des bactéries
Le produit est livré à des organismes miniatures, des bactéries. Celles-ci ont la propriété de se multiplier rapidement. Chaque fois qu’une bactérie se divise, elle transmet à sa « fille » un lot d’ADN qui lui permettra de fabriquer les substances dont elle a besoin. Si le produit a une action sur l’ADN, cela se verra en deux jours : les bactéries n’auront plus le même aspect que les bactéries de départ car elles auront reçu de leur « mère » un ADN abîmé. Cette vérification est importante car, chez l’homme, un ADN détérioré et non réparé peut conduire à un cancer.
Tester le produit sur des tranches d’organes ou des cellules de peau
Cette étape cherche à savoir comment le produit se comporte dans un organe entier, plus complexe qu’une culture de cellules. Il est en effet constitué de cellules variées, organisées dans l’espace et qui communiquent entre elles. On injecte le produit dans des tranches de foie ou de rein humain, maintenues dans un milieu nutritif. Puis on regarde si une partie de l’organe cesse de fonctionner. Pour les produits qu’on applique sur la peau, on place la substance sur de l’épiderme humain en culture. Comme notre peau, il contient plusieurs strates de cellules et une couche cornée protectrice. Au but de quelques jours, on compte le nombre de cellules mortes, signal que le produit est irritant. Ce test remplace le test d’irritation sur les animaux. Méthode scientifique de recherche in vitro : La culture de cellules et de tissus
Dr ray Greek (EFMA) : »La recherche in vitro sur les tissus vivants s’est avérée associée à beaucoup de grandes découvertes. Bien que le tissu humain n’ait pas toujours été utilisé, il y en a pourtant toujours eu à disposition. Les cultures de sang, de tissus et d’organes représentent les bancs d’essais idéaux pour tester l’efficacité et la toxicité des médicaments. » Kathy Archibald (EFMA) : « Les techniques in vitro ont une longue et illustre histoire, changeant même le cours de la découverte médicale avec la découverte de la pénicilline en 1928 par Sir Alexander Fleming. »
Il y a 2 façons d’étudier les parties d’un organisme vivant in vitro : Maintenance in vitro du fragment d’un tissu, organes…et Culture de cellules et de tissus in vitro. Il y a beaucoup de domaines de recherche possible :

Expériences sur des virus

Expériences sur des hormones et glandes endocrines

Expériences toxicologiques

Expériences sur des substances tératogènes, cancérogènes, mutagènes

Études immunologiques

Études des enzymopathies

Sources : Stop vivisection (http://www.stopvivisection.info/article.php3?id_article=91)

One voice (http://www.one-voice.fr/fr/article/pourquoi-l-experimentation- animale-n-est-pas-necessaire)

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